Ouverture d’esprit et tremplin de carrière, tels sont les deux principaux arguments en faveur d’une mobilité internationale des artisans. Cette expérience peut être initiée dès l’école pour les plus motivés, notamment en Europe, grâce au programme Erasmus +. Des dispositifs sont en effet dédiés aux élèves en formation professionnelle, apprentis ou diplômés, pour des stages subventionnés de deux semaines à 12 mois. Mention complémentaire en poche, les jeunes pâtissières vendéennes Manon Milcent et Olivia Goulin sont ainsi parties à Londres à l’automne 2018 pour améliorer leur anglais, gagner en compétences et découvrir une nouvelle culture. Un projet élaboré avec leur établissement, « les candidatures étant évaluées sur la motivation », indique la première, toujours à Londres. « Avec la barrière de la langue et les démarches pratiques, l’intégration a été un peu difficile au départ mais l’expérience, super instructive ! », poursuit Manon qui a eu la chance de tomber sur une « entreprise très réglo » (la pâtisserie d’un grand hôtel). À l’inverse de sa camarade… finalement rentrée en France plus tôt que prévu. Ce qui n’empêche pas Olivia de s’imaginer repartir un jour. « Voyager pour, par exemple, donner des master class, cela fait rêver », confirme Manon.

La viennoiserie française (ici signée Déborah Ott) a toujours la cote à l’étranger. © C. Libs

Le plein d’idées

Ce rêve, c’est le quotidien de certains artisans chevronnés. Médaillé d’or aux 41e Olympiades des Métiers en 2011, Alexis Bouillet a intégré la brigade du Mandarin Oriental de Taïwan en 2014, comme sous-chef pâtissier à seulement 24 ans. Un accélérateur de parcours pour cet entrepreneur en puissance qui a depuis appris la langue locale (question de respect pour ses équipes), ouvert deux boutiques avec sa femme taïwanaise à Taipei et multiplie les prestations comme consultant. Et de prévenir : « Mieux vaut avoir de solides bases techniques avant de partir. »

Championne du monde de la viennoiserie en 2018, Déborah Ott assure elle aussi des démonstrations à l’international pour des marques, « rencontrées sur des concours », tout comme le boulanger français Pierre Zimmermann, son nouveau patron, implanté…à Chicago. Une première expatriation pour la jeune Alsacienne, qui espère un jour créer sa propre entreprise à l’étranger.

Voyager peut également être une opportunité pour affiner son projet. De 2014 à 2016, le boulanger Nirvân Sandner a réalisé un tour du monde, avant de s’installer à Ambérieu-en-Bugey (01) : « L’occasion de sortir de ma zone de confort, partager ma passion et rapporter plein d’idées » (à retrouver en ligne sur www.tatup.fr). À noter : pour une mobilité en Europe, Erasmus + a élargi la cible de ses bénéficiaires, avec notamment un programme dédié aux jeunes entrepreneurs.

Barbara Guicheteau

Plus d’infos en ligne : www.generation-erasmus.fr