« Joie d’offrir, bonheur de recevoir », affichent les fleuristes sur leurs bouquets. On pourrait en dire autant des actions solidaires que vous pouvez mettre en place dans vos boutiques. Tous ceux qui osent sont ravis. Ils oublient même, au passage, l’éventuel surcroît de travail que cela a pu susciter. Baguette suspendue, Téléthon, Love Baguette… Les occasions sont nombreuses de se montrer altruiste. Voici quelques pistes pour optimiser votre engagement.

Idée n°1 : Monter dans le train

De nombreuses associations sont très organisées, avec des dispositifs quasiment clef en main. C’est le cas, par exemple, d’Aides. « La Love Baguette est très facile à mettre en place, témoigne Annabelle Tennier, boulangère à Halluin (59). L’association nous fournit tout le kit de communication et les boulangers n’ont qu’à retourner leurs baguettes au moment de l’enfournement pour les transformer en rubans. » La pièce, vendue deux euros en boutique, permet de reverser la moitié pour des actions de prévention et de dépistage du sida.

Grâce à la Love Baguette, la boulangerie Tennier a reversé 419 € à Aides l’année dernière.

Idée n°2 : Sortir de l’ordinaire

Si vous avez des idées, n’hésitez pas : même d’envergure, les structures caritatives apprécient les initiatives. Ainsi, le Téléthon salue le dynamisme des boulangers, qui installent des stands devant leur boutique pour vendre des produits au profit de la recherche sur les maladies génétiques, organisent des ateliers ou créent des produits dédiés (éventuellement estampillés 3637, le numéro téléphonique dédié aux dons). À Bernay (27), les artisans de la ville se mobilisent (plus ou moins) collectivement depuis plus de trente ans pour confectionner un opéra géant, vendu à la part sur le marché.

Idée n°3 : Soutenir une cause qui vous tient à cœur

On parle toujours mieux de ce que l’on connaît. C’est une bonne raison de s’investir dans une action qui vous touche. Comme Gaëtan Paris, Meilleur Ouvrier de France et créateur de la Parisse, une baguette aujourd’hui fabriquée par 190 artisans. « L’année dernière, j’ai organisé « la Parisse au profit de France Alzheimer », car mon papa en est atteint depuis longtemps. J’ai contacté les moulins, qui ont fourni gracieusement une partie de la farine, et les boulangers, qui ont accepté de reverser cinq centimes d’euros par Parisse vendue. Et je me suis occupé de la sacherie personnalisée et des dépliants. En tout, nous avons récolté 54 675 €. »

Gaëtan Paris a organisé l’an passé une collecte pour une cause qui lui tient à coeur.

Idée n°4 : Au-delà des finances

Le don, ce n’est pas que des espèces sonnantes et trébuchantes. « L’or » que vous avez entre les mains peut également être partagé. Cela pourrait passer, par exemple, par le partage de recettes autour du pain perdu avec une structure locale qui accompagne des personnes défavorisées, un cours de pâtisseries anciennes à la maison de retraite…

Idée n°5 : En parler

« Attention, on ne le fait pas pour cela », se défendent immédiatement tous les témoins quand on leur demande si l’opération a été profitable en termes de conquête de nouveaux clients ou de chiffre d’affaires. C’est évident, mais surtout, plus l’opération vous profite, plus elle profite à la cause que vous défendez. N’hésitez donc pas à mettre les petits plats dans les grands. « Pendant les dix jours de la Love Baguette, nous installons un rayon spécial derrière la caisse, pour les rubans, raconte Annabelle Tennier. Nous utilisons également tous les outils mis à notre disposition par Aides. J’en parle sur Facebook - le post a comptabilisé 7 000 vues en moins de 24 heures l’année dernière - et j’envoie un mail aux journalistes locaux, qui publient un article en retour. J’ai même sollicité les entreprises voisines pour qu’elles achètent les baguettes par lots et les distribuent elles-mêmes à leurs clients ou leurs employés. Enfin, je mets un petit challenge à mes vendeuses pour les motiver. Quand on fait une opération, soit on le fait bien, soit on ne le fait pas. » Une stratégie gagnante !

Cécile Rudloff