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Covid-19 : passer au e-commerce

Un site marchand permet de multiplier ses canaux de commercialisation, en offrant une solution sans contact à ses clients.

L’instauration des gestes barrière liée à la pandémie a accéléré la digitalisation des boulangeries-pâtisseries en quête d’alternatives à l’achat et au paiement en espèces et en boutique.

Idée n°1 : côté clients

La fin annoncée du confinement ne va pas pour autant signer l’arrêt des mesures de distanciation sociale. D’où l’intérêt de la « e-boutique », avec paiement en ligne, pour rivaliser avec les GMS.  
- Commande en ligne : une fois sa e-boutique ouverte, il suffit aux clients de s’y connecter pour remplir leur « panier digital » à partir des produits référencés, au choix du boulanger. Libre au client de choisir son mode de collecte, suivant les options offertes : retrait en boutique, drive voiture ou livraison. Un conseil : conserver une possibilité de paiement au retrait pour les moins technophiles.
- Fidélisation : en ligne, les internautes sont invités à créer un compte usager et renseigner leurs coordonnées. De précieuses données qui permettent de fidéliser ses clients et de les tenir informés de ses actualités. Équipée depuis plusieurs années d’une e-boutique développée par Rapidle, un des pionniers du secteur, la boulangerie Delecto, à Écully (69), a utilisé ce fichier clients pour communiquer sur sa gamme et ses horaires de confinement par mail et SMS.
- Panier moyen : il est plus élevé en ligne (15 à 40 % d’augmentation par rapport aux ventes en boutique selon Rapidle), a fortiori depuis le début de l’épidémie, les gens limitant leurs sorties. Au Moulin d’Honoré, au Rouret (06), le panier moyen est passé de 5 € en boutique avant le confinement à 25 € en ligne depuis le 17 mars (avec un panier minimum fixé à 12 € pour la livraison à domicile).

Un visuel qualitatif et une description alléchante font figure de moteur d’achat en ligne.

Idée n°2 : côté boutique

Une plateforme e-commerce présente également des avantages en magasin.
- Trafic client : le click & collect permet de réduire les files d’attente et de fluidifier la circulation dans l’espace de vente, en particulier aux heures d’affluence. À la clef : un gain de temps pour vos équipes et vos clients, équipés d’un numéro pour le retrait direct de leur commande préparée en amont.
- Gain de place : un site e-commerce vous permet de présenter l’intégralité de votre gamme, y compris les ingrédients bruts, ainsi que les personnalisations, formules et offres en cours, avec une organisation par pôles : pains, viennoiseries, pâtisseries, snacking… pour une meilleure lisibilité.  
- Notoriété : un site marchand bien achalandé et référencé offre une visibilité digitale accrue à un commerce. N’hésitez donc pas à le mentionner sur vos réseaux sociaux. Des prestataires comme Clickeat, Ollca ou Rapidle, proposent tout un accompagnement technique et marketing.

La e-boutique (ici Clickeat) est accessible depuis sa page Facebook grâce au bouton « acheter ».

Flyer, affiche, post sur les réseaux sociaux : n’hésitez pas à communiquer sur votre e-boutique.

Idée n°3 : côté fournil

Pas besoin d’être un pro du digital pour gérer un site marchand, grâce à des fonctionnalités intuitives et des solutions clef en main. 
- Installation à distance : l’ouverture d’une e-boutique peut se faire en ligne, dans des délais réduits : 48 h chez Clickeat (299 € à l’installation puis 59 € par mois), voire 24 h pour la solution Ollca (à partir de 139 € par mois + commission). Les deux offrent des remises spécial confinement. À Nantes (44), le créateur de la Maison Arlot Cheng a associé lui-même à sa page web une solution de paiement en ligne (Stripe), en deux jours et sans frais d’installation. À noter, les coûts incompressibles liés aux frais de transaction bancaire. Des prestataires proposent une commission sur les ventes (5-6 %) qui les inclut.
- Gestion logistique : pour l’artisan nantais, la vente en ligne avec réservation la veille pour le lendemain permet d’organiser au mieux la production. Un argument valable aussi hors confinement, avec une anticipation possible des commandes suivant le délai de retrait fixé par le boulanger. Attention cependant à garder un œil sur les commandes et à « actualiser régulièrement ses produits disponibles en fonction de ses stocks », prévient Cédric le Bian de la boulangerie Delecto. 
- Ergonomie : seule une connexion web suffit pour réceptionner les commandes au quotidien, par email ou SMS, pour une éventuelle impression, ou sur une application dédiée, consultable sur PC, smartphone ou tablette. L’occasion de moderniser son commerce avec des outils numériques.

Plateforme collective

Face à l’épidémie, l’entraide et la solidarité sont de mise. Certains artisans ont ainsi entrepris de partager leurs ressources, comme la pâtisserie Takayanagi, au Mans (72), dont le site marchand héberge (entre autres) les pains biologiques de Gregory Gorses, fondateur du Bread Lab, le temps du confinement. Ce dernier a également créé une page sur la plateforme (gratuite) de mise en relation directe entre producteurs bio et consommateurs, local.bio. En Seine-et-Marne (77), la CCI a lancé une plateforme de commande en ligne de produits alimentaires, « Vivons local », en partenariat avec la société Rapidle.

Barbara Guicheteau
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