Quelle tension ! Chaque année à Noël, votre boulangerie est au bord de l'implosion. Les clients, sous pression, commandent à la dernière minute et réclament toute votre attention. Au fournil, il y a tellement de travail qu'il finit toujours par y avoir de la casse ou des accrochages. Et en boutique ? La file s'allonge devant la porte mais vous, derrière le comptoir, devez rester calme, serein(e), souriant(e). Et pas seulement en apparence !

Pour Benjamin Blasco, co-fondateur   de Petit Bambou, méditer cinq àdix minutes permet d'améliorerson bien-être.

Idée n°1 : Anticiper« Nous ne sommes jamais débordés parce que nous sommes très organisés », assure Sandrine Ribot, gérante de la Petite Boul'Ange, à Laval (53). Chez cette boulangère facétieuse… les consommateurs prévoyants sont récompensés d'une ristourne de 10 % (pour les commandes passées avant le 11 décembre), les dernières réservations sont officiellement enregistrées le 22 décembre – « le 23 si c'est possible sans bouleverser le travail au laboratoire », toutes les informations sont retranscrites sur une liste – pour la fabrication – puis sur des post-it avec le nom du client, la liste des produits et le montant final. Ainsi, tout est prêt et rapide au bon moment. Cette méthode fonctionne pour Sandrine Ribot ; à vous de trouver votre mécanique idéale (voir aussi La Toque n°230). L'essentiel est de la maîtriser pour que tout se déroule sans accroc le jour J.

Idée n°2 : Se préparer physiquement A la manière des coureurs de fond, votre marathon de Noël mérite une préparation physique, pour que vous puissiez donner le meilleur de vous-même. Dormez ! « Le sommeil profond permet de récupérer physiquement tandis que le sommeil paradoxal permet d'assimiler les événements de la journée et de mieux maîtriser vos émotions », explique Amélia Lobbé, psychologue. Une bonne raison de prendre soin de vos temps de repos. L'activité physique est recommandée, car elle aide à éliminer les tensions. Même si vous n'êtes pas un(e) champion(ne), courir – ou simplement marcher le nez au vent – une demi-heure est un bon exutoire.

Idée n°3 : ... Et psychologiquement La méditation permet de prendre du temps (même peu) pour soi et se recentrer sur son activité. Plusieurs applications sur smartphone, comme Zenfie ou Petit Bambou, proposent de courtes sessions de méditation guidée (cinq à dix minutes), pour apprendre les bases. « Avec un peu d'entraînement, on peut ensuite méditer dans les moments récurrents du quotidien », affirme Benjamin Blasco, co-fondateur de Petit Bambou. Porter toute son attention à votre souffle, à vos mains qui pétrissent la pâte et même, à la raison qui vous a poussé à faire votre métier, vous aidera à garder la tête froide.

Idée n°4 : Positiver L'état d'esprit dans lequel on aborde une situation joue beaucoup sur son comportement. Ainsi, si vous démarrez la journée en soufflant et en pestant, il y a de fortes chances que vous la terminiez sur les rotules. En revanche, si vous transformez intellectuellement la difficulté en opportunité ou en challenge à relever, vous vous retrousserez les manches avec enthousiasme et serez heureux du chemin parcouru le soir venu. « Modifier la perspective permet d'avoir plus d'énergie, d'être moins anxieux et de mieux profiter de cette période », indique Amélia Lobbé.

Idée n°5 : A chaque problème... …Sa solution ! Arrive un moment où l'on ne peut plus prévoir, anticiper, préparer, etc. Dans le rush, les exercices précédents vous permettront de trouver plus facilement une échappatoire. Si vous gardez le sourire, votre bonne humeur sera communicative, autant au sein de vos équipes qu'auprès des clients. Un beau cadeau pour tout le monde !

3 astuces d'Amélia Lobbé, psychologue et auteure de« Vaincre l'anxiété et les crises d'angoisse » En cas de coup de stress, 1 - Sortez un moment et respirez. Inspirez par le nez en gonflant le ventre comme un ballon et expirez par la bouche, profondément. 2 - Ayez un échange agréable avec un collègue sympa ou un proche, afin de retrouver un peu de sérénité. 3 - Rationnalisez immédiatement ce qui vient de se passer. Un client mécontent à cause d'un problème en boutique ? Il y a sûrement une solution. Le chef survolté ? Il est probablement ainsi avec tout le monde. Un collègue désagréable ? Vous n'êtes pas responsable de sa mauvaise humeur, ne le prenez pas pour vous.

par Cécile Rudloff (publié le 20 décembre 2016)