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Transparence : ce que vos clients attendent

Les scandales alimentaires successifs ont entamé la confiance des consommateurs. Suspicieux, ils attendent désormais de leurs commerçants alimentaires un comportement exemplaire et affiché. Comment faire ? Voici quelques pistes.

L E TRAUMA NE DATE PAS D'HIER. Dès les premiers cas de vaches folles, les Français ont commencé à s'interroger sur le contenu de leur assiette. Depuis, leurs questionnements n'ont cessé de s'amplifier. Ce qui est nouveau, c'est que même vous, artisans, avez fini dans leur collimateur, bien qu'ils vous soupçonnent moins que l'industrie d'essayer de les berner...

Idée n°1 :

Une question

de posture

Il faut reconnaître que

les articles et émissions, qui dénoncent l'utilisation de produits surgelés, d'additifs douteux ou de colorants nocifs, ne vous aident pas. Qu'ils sont agaçants, ces clients qui demandent

à tout bout de champ si

les produits sont surgelés, s'ils contiennent des enzymes, s'ils ont été boostés au gluten... Et en même temps, il faut les comprendre : ils ont envie de savoir ce qu'ils vont avaler ou ce qu'ils vont donner à leurs enfants. C'est humain et respectable. La seule réaction acceptable, pour eux, est que vous fassiez preuve d'humilité et de sincérité.

Idée n°2 :

De l'expertise

Vous en témoignez

vous-mêmes, à l'instar

de Pierre-André Ségura,

co-gérant de Tartine (voir

La Toque n° 298 - janvier 2019) : « Les clients arrivaient avec des questions, nous poussaient dans nos retranchements. Parfois même, ils en savaient plus que nous. » Les consommateurs s'intéressent de plus en plus à leur alimentation. Et pour apaiser leur curiosité, ils souhaitent que vous leur répondiez avec franchise et précision. Donnez-leur du grain à moudre, parlez-leur de levain et de réaction de Maillard, soyez incollable

sur la composition de vos mélanges. Qui sait, cela pourrait donner lieu à des échanges enrichissants ?

Idée n°3 :

Des approvisionnements

engagés

Comme nous l'écrivions en juin-juillet, 75 % des Français souhaitent voir davantage de produits équitables chez leur boulanger-pâtissier (sondage OpinionWay pour Max Havelaar France). Et trois Français sur quatre veulent trouver plus de

produits bio quand ils mangent à l'extérieur (sondage Agence Bio, relayé dans La Toque n°298 de janvier 2019). Pour autant, si vous avez déniché un agriculteur à quelques kilomètres, qui produit en culture raisonnée les carottes que vous râpez et faites mariner pour la confection de vos sandwichs, ils seront également intéressés. Ce que vos clients veulent, c'est de la qualité, de la proximité et de l'exigence, du début à la fin (jusqu'aux emballages).

Idée n°4 :

Des preuves et

des démonstrations

Tous ces efforts seraient vains s'ils restaient cachés. Il reste à les afficher. Oui, vous pouvez montrer les

étiquettes de vos sacs de farine. Oui, ouvrez votre fournil, montrez vos tours de main, expliquez pourquoi et dans quelles conditions vous

surgelez, dévoilez le contenu de vos frigos. Oui, filmez votre laboratoire et diffusez les vidéos sur les réseaux sociaux pour lever toute ambiguïté. Oui, encore,

invitez vos fournisseurs à vos portes ouvertes pour qu'ils parlent de leurs produits avec passion. En 2019, tout secret, toute approximation, serait source de suspicion. Et jouer avec la vérité n'est plus une option. La confiance des consommateurs est trop précieuse pour tout gâcher !

Cécile Rudloff
Même les chiffres le disent

A l'occasion du SIAL, en octobre dernier, Kantar Média a publié une étude qui parle, notamment, de transparence. Il en ressort que...

9 Français sur 10 expriment un besoin de transparence à l'égard de l'industrie agro-alimentaire.

Cette attente porte sur la liste et la composition

des ingrédients (56 %), leur origine (61 %), les lieux de fabrication (43 %) et les conditions d'élevage (42 %).

62 % regardent souvent la composition nutritionnelle des produits (+ 7 points par rapport à 2016).

Le bien-être animal est important pour 91 %

des consommateurs, l'environnement pour 90 %

et la réduction du gaspillage alimentaire, pour 94 %.

Enfin, 78 % des Français se déclarent prêts à payer un peu plus pour mieux valoriser le travail des agriculteurs.

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